Suite à l’apparition d’une dépression en limite d’une parcelle privée, l’UTAM Sud a procédé à une sécurisation du site intégrant la réfection de l’accès à la propriété
En juin 2024, un désordre de surface a été signalé à la DREAL Auvergne–Rhône-Alpes (AuRA) sur une parcelle privée, au droit d’un mur de clôture en bordure de la RD30 et d’une rampe d’accès au sous-sol d’une habitation.
Le désordre principal se présentait sous l’aspect d’une dépression de 3 mètres de diamètre prolongé par une crevasse profonde d’environ 1,20 m.
Une seconde dépression moins prononcée a également été signalée sur la parcelle par son propriétaire à proximité du chemin du Grand Feloin. L’expert de l’Etat, GEODERIS, saisi par la DREAL a confirmé l’origine minière des désordres, en relation avec la concession minière de La Catonnière, exploitée jusqu’en 1953 pour le charbon. Le désordre principal a été relié au puits dit « puits n°9 de La Catonnière », tandis que le second affaissement semblait lié à une ancienne "fendue" (galerie d'accès à la mine souterraine) ou aux vestiges d’une cheminée d’aérage.
Dans un premier temps, et après avoir été saisi par la DREAL, des mesures conservatoires urgentes ont été mises en œuvre fin octobre 2024 par l’UTAM Sud avec l’installation de clôtures autour des deux dépressions.
Puis, des investigations ont été menées afin de repérer les ouvrages miniers à l'origine des désordres, d'en caractériser les terrains d'un point de vue géotechnique, et de pouvoir définir la nature des travaux de sécurisation à engager. Sur la base des résultats d’investigation, le maître d’œuvre a établi un projet de mise en sécurité reposant sur deux traitements distincts :
- La réalisation d’un bouchon en béton auto-frottant (bouchon d'environ 5 m de hauteur, implanté entre les profondeurs de 5 et 10 m) au droit du puits n°9 de la Catonnière ;
- Le traitement de la fendue au droit du second désordre par purge des terrains décomprimés puis comblement par enrochement bétonné.
Les travaux se sont déroulés selon le phasage suivant :
- Installations de chantier comprenant la mise en place d’une circulation alternée sur la RD30, avec fermeture de la voie montante adjacente à la zone de terrassement et interdiction temporaire de la circulation sur le chemin du Grand Feloin pendant les heures de chantier ;
- Traitement du premier désordre :
- Dépose du portail d'accès à la propriété et démolition partielle des ouvrages situés au droit du puits à l’aide d’une pelleteuse. Ces travaux de déconstruction concernaient notamment un muret de clôture bordant la RD30 sur près de 30 de longueur ainsi qu'une portion du dallage constituant la rampe d'accès au sous-sol de l'habitation ;
- Évacuation des gravats en centre de recyclage de matériaux du BTP ;
- Terrassement au droit du puits de mine jusqu’à un peu plus de 10 m de profondeur, d’abord par talutage jusqu’à 3 m de profondeur (rencontre du rocher), puis à l’aide d’une pelle hydraulique équipée d’un bras téléscopique et d’une benne preneuse ;
- Évacuation des déblais issus de l'excavation vers une ISDND (installation de stockage de déchets non dangereux) ;
- Mise en œuvre d’un pré-bouchon en béton fibré en fond de fouille sur une hauteur de 2 m (7,5 m3) ;
- Après 7 jours de prise, mise en place du restant du bouchon béton sur 3,25 m de hauteur à l’aide d’une pompe à béton (15,5 m3) ;
- Poursuite du remplissage par un béton maigre jusqu’à 1,65 m de la surface (24 m3) ;
- Finition du comblement par une grave non traitée (61 tonnes) ;
- Réalisation des fondations de la clôture et du portail, et reconstruction du muret de clôture et des piliers du portail ;
- Réfection de la rampe d’accès au sous-sol de l’habitation, en béton désactivé ;
- Traitement du second désordre :
- Terrassement et purge des matériaux décomprimés jusqu’à 5 m de profondeur et sur un diamètre de 4 m en surface ;
- Évacuation de 125 tonnes de déblais en ISDND ;
- Comblement de la base de la fouille ayant recoupé la fendue à l’aide de 35 m³ d’enrochements percolés par 12,5 m³ de béton (précision : La fendue a été recoupée par forage plus en profondeur et c’est avéré foudroyée ou remblayée après inspection vidéo) ;
- Poursuite du comblement à l’aide de 16,48 tonnes de grave non traitée (GNT) mise en œuvre par couches successives jusqu’à environ 0,50 m sous le terrain naturel. Les derniers 50 cm ont été reconstitués au moyen d’environ 10 m³ de terre végétale afin de restituer les caractéristiques initiales du jardin ;
- Engazonnement définitif de la zone.