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L'ancienne mine d'or de la Bellière à Saint-Pierre-Montlimart dans le Maine-et-Loire

Chapeau

L’ancienne concession de Saint-Pierre-Montlimart, d’une superficie de 5,08 km², se situe dans le département du Maine-et-Loire, en Anjou, au centre du triangle Cholet-Nantes-Angers.

Texte

Historique

Le district aurifère de Saint-Pierre-Montlimart a fait l’objet de travaux d’exploration et d’exploitations aurifères depuis l’antiquité.  La centaine d’aurières encore visible de nos jours indique  que l’or fut activement recherché et exploité dès la période gallo-romaine.

La concession de Saint-Pierre-Montlimart fut instituée le 05 juin 1905 et renoncée le 11 juillet 1977. La mine de la Bellière, mise en exploitation dès 1906, fonctionna de façon discontinue jusqu’en 1952, à ciel ouvert puis en souterrain.

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Vue de l'ancienne de la mine d'or de la Bellière - Exploitation à ciel ouvert​

Aux florissants débuts de la mine succèdent le ralentissement de la production pendant la 1ère guerre mondiale puis l’arrêt de l’exploitation en 1920. A partir de 1926, l’exploitation reprend et prospère jusqu’en 1932 puis décline jusqu’à s’arrêter en 1938. Une dernière tentative d’exploitation a lieu en 1950, mais, asphyxiée par l’effondrement des cours de l’or et l’épuisement des réserves, la mine de la Bellière ferme définitivement en 1952.

Les travaux miniers souterrains, constitués d’un réseau de galeries d’exploitation étendu sur une distance d’environ 2 kilomètres, ont atteint jusqu’à 170 mètres de profondeur. Cinq puits principaux desservaient les galeries.

Le minerai extrait était traité sur place en usine par broyage, amalgamation puis cyanuration.

Sur la totalité de la période d’activité de la mine, environ 1 million de tonnes de minerai ont été extraites qui, après traitement, ont fourni de l’ordre de 10 tonnes d’or. Il subsiste actuellement sur l’ancien site de la mine environ 150 000 tonnes de résidus miniers.

Par la suite, entre 1960 et 1990, d’importantes campagnes de prospections géochimiques semi-stratégiques ont été entreprises qui n’ont toutefois pas permis de mettre en évidence de nouveaux gisements ou d’extension à la mine de la Bellière.

Néanmoins, le site est inclus dans le permis exclusif de recherche de mines d’or, argent et substances connexes dit «Permis de Saint-Pierre» accordé par arrêté ministériel du 04 février 2014 pour une durée de cinq ans à la société Variscan Mines, sur une surface d’environ 386 km², portant sur les territoires de 33 communes du Maine-et-Loire.

Interventions du DPSM

Traitement d'un fontis

En 2012, la DREAL Pays-de-la-Loire a missionné le DPSM pour traiter un fontis survenu en 2011 en bordure d’un entrepôt de l’usine ERAM, construit sur une ancienne aurière remblayée avec des travaux miniers peu profonds sous-jacents.

Dans un premier temps, le fontis a été excavé afin d’évaluer la taille du désordre, une éventuelle continuité du vide et la nature des terrains en vue d’en comprendre l’origine et de définir les travaux de mise en sécurité à réaliser.

Les travaux de mise en sécurité du fontis ont consisté à combler le trou avec un gravier non compressible recouvert d’un géotextile amortisseur, d’une couche de roulement compactée et d’un goudron bicouche pour la finition.

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Vue du fontis avant traitement​
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Vue du fontis après traitement​

Etude technico-économique de mise en sécurité

Parallèlement, la DREAL Pays-de-la-Loire a confié au DPSM la réalisation d’une étude technico-économique de mise en sécurité de l’entrepôt de l’usine ERAM au droit duquel un niveau fort de risque d’effondrement localisé  a été identifié dans le cadre de l’évaluation des aléas mouvements de terrain de la commune de Saint-Pierre-Montlimart.

Dans le cadre de cette étude, des investigations géotechniques et géophysiques ont été menées afin de comparer, des points de vue technique et financier, les solutions possibles de mise en sécurité :

  • comblement des vides miniers potentiels sous et aux abords de l’entrepôt ;
  • consolidation du sol sous le bâtiment ;
  • renforcement des fondations du bâtiment.

Les données acquises au cours de ces investigations permettront d’affiner le niveau d’aléa au droit du bâtiment. Des dispositifs de suivi de l’évolution géotechnique sont proposés en attendant la réalisation des travaux.

Diagnostic environnemental

Concernant le secteur des résidus de la mine de La Bellière, la DREAL Pays de la Loire a missionné le DPSM pour la réalisation d’un diagnostic environnemental.

Le ministère de l’environnement a depuis 2008 défini une politique de gestion des sites et sols pollués. En application de cette réglementation, le DPSM a réalisé une étude d’Interprétation de l’État des Milieux (IEM).

L'objectif de cette démarche est de s’assurer que l’état des milieux est compatible avec les usages constatés : mesurer la qualité environnementale du milieu sur le site et identifier si les impacts en dehors du site sont compatibles avec les usages, par rapport aux références réglementaires.

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Vue partielle des résidus miniers
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Vue partielle de l'émergence des eaux minières​ ​

Dans le cadre de cette démarche, le DPSM a réalisé des campagnes de mesures dans les différents compartiments environnementaux : sol, sédiments, eaux souterraines et superficielles.

Les données acquises au cours de cette démarche ont montré la nécessité de mettre en place des mesures de gestion pour limiter l’impact des eaux d’exhaure de la mine sur le milieu naturel extérieur au site.

Ainsi, le dimensionnement et la réalisation d’un système de traitement passif des eaux minières ont été réalisés par le DPSM.

Mise en sécurité de deux puits

La mise en sécurité de deux puits d’exploitation a été réalisée.

Concernant le puits Saint-Jean, au droit duquel un effondrement a été observé, les travaux ont consisté à combler le cratère existant avec du tout-venant (matériau grossier et inerte) puis à  créer un tumulus.

Concernant le puits Saint-Antoine, situé sous un bâtiment, les travaux ont consisté à réaliser un plancher à moins 25 mètres puis à combler le vide jusqu’à la surface par un bouchon de béton.